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Agriculture bio : la vérité sur la nouvelle
réglementation
Les cahiers de charges nationaux sont supprimés ? VRAI :
Les OGM sont autorisés ? FAUX :
L’utilisation d’OGM a toujours été interdite dans l’agriculture bio. En
revanche, le nouveau règlement communautaire instaure un seul de contamination accidentel par les OGM à 0,9 %. Ce seuil de contamination a fait l’objet de nombreux débats, les
parlementaires et de nombreux défenseurs de l’agriculture biologique voulaient le limiter à 0,1 %, soit le seuil de traçabilité par les laboratoires. Au-delà du seuil de 0,9 %, le produit ne peut pas être labélisé bio et doit être étiqueté OGM.
L’origine géographique est précisée ? VRAI :Pour les produits biologiques respectant la réglementation européenne, le logo communautaire sera rendu obligatoire au plus tard à partir du 1er juillet 2010 (en attendant la création d’un nouveau logo). Dans tous les cas où le logo sera utilisé, il sera systématiquement accompagné de précisions sur l’origine géographique des produits : UE / non UE ou les deux. Le nouveau règlement rend aussi possible la mention du pays d’origine. Si plus de 98 % des ingrédients proviennent de France, la mention France sera indiquée plutôt que UE. "Une très bonne nouvelle incitant à la relocalisation de la bio", estime Juliette Leroux, chargée de mission réglementaion à la Fnab. Le problème, indique cette dernière, si le produit est transformé aux Pays-Bas et que les ingrédients proviennent d’un pays hors UE : les deux mentions UE et hors UE apparaîtront sur le produit. Cela ne devrait pas faciliter la lisibilité et la clarté de l'étiquetage pour les consommateurs.
Les traitements antiparasitaires pour l’élevage sont autorisés sans aucune limite ? VRAI :Alors que le cahier des charges français pour l’élevage limitait à deux le nombre de traitements par an en antibiotiques et en antiparasites, le nouveau règlement ne limite plus l’emploi de ces derniers et limite à trois le nombre de traitements antibiotiques. Pour le poulet, où tout traitement était interdit, un antibiotique par an sera autorisé et là encore autant de traitements antiparasitaires souhaités.
L’obligation de lien au sol pour les cultures bio animales est supprimée ? VRAI en partie :En matière d'élevage, l'exploitation agricole avait l'obligation de produire sur la ferme une partie de l'alimentation destinée aux animaux. Ceci afin de réduire les risques sanitaires et de permettre une meilleure traçabilité de l’alimentation. Pour les herbivores, la réglementation imposait jusque-là que 50 % des aliments proviennent de la ferme. Avec le nouveau règlement, "la quasi-totalité des aliments peuvent venir de l’extérieur. Le règlement préconise que l’alimentation provienne d’un lieu au plus proche de son exploitation", précise Vincent Perrot. Les pratiques en place ne vont pas changer, estime Juliette Leroux, mais elle redoute que les nouveaux arrivants « s’installent avec facilité et sans réfléchir sur le système de production global ».
L’étiquetage va changer ? VRAI :
Le nouveau règlement impose un changement sur l’étiquetage. Les produits AB
devront obligatoirement porter le logo communautaire à partir du 1er juillet 2010. Le logo français AB est préservé.
Les autres changements :L’interdiction de la culture en hydroponie (culture de plantes réalisée sur un substrat neutre et inerte (de type sable, billes d’argile) Interdiction de l’utilisation d’engrais minéraux azotés (pas autorisée jusque-là mais pas clairement interdite) La procédure pour ajouter à la liste autorisée de nouveaux intrants (engrais, pesticides, désinfectants...) sera soumise au respect d'une liste de critères et à l'étude par un comité d'expert.
Vers un logo privé :Les changements de réglementation sur l'agriculture biologique ont poussé la Fnab en partenariat avec les professionnels de la bio à créer un logo privé. "Le consommateur doit connaître les différentes de pratiques au sein même de l'agriculture biologique", explique Juliette Leroux. "Des pratiques vont plus loin que la nouvelle réglementation européenne". Ce logo privé devrait officiellement sortir dans le courant du premier trimestre 2009. La fédération Nature et Progrès, à l’origine du label du même nom, parle pour sa part d’ "un recul flagrant" de la nouvelle réglementation. "On veut adapter la bio à une logique industrielle à flux tendus", estime Julia Wright, animatrice au service professionnel de la fondation. "On a encore plus notre raison d’exister en tant que vraie alternative". * La liste des pays tiers à réglementation équivalente (Argentine, Australie, Costa Rica, Inde, Israël, Nouvelle-Zélande et Suisse) et des organismes certificateurs reconnus dans ces pays sera progressivement complétée par des listes d’organismes certificateurs directement reconnus et supervisés par la Commission. En l’attente, le régime actuel (demande d’autorisation d’importation au cas par cas en dehors des pays cités) perdure.
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